Désir d’Afrique à Rome Désir de foi au Continent

Quand un désir d'Afrique chez le pape rencontre une soif de sens, d'éternité et de paix chez un peuple, il se produit une alchimie parfaite et des étincelles de joie qu'aucun tourment humain ne peut faire pâlir !

N'est-ce pas cela, l'histoire du Cameroun avec ce pape venu d'Amérique, Léon XIV ? À la fin de la messe pascale qu'il venait de célébrer dans une église de Yaoundé le 5 avril dernier, le nonce apostolique au Cameroun, Mgr José Avelino Bettencourt, prit soudain la parole pour partager avec les paroissiens ce qu'il y avait d'extraordinaire dans la visite annoncée du pape au Cameroun. Un mois à peine après sa prise de fonction, révéla-t-il, le pape déclarait qu'il voulait visiter le Cameroun. Quelque temps après, alors qu'il s'adressait à la foule de fidèles venus du monde entier, il saluait particulièrement les pèlerins camerounais présents à la Place Saint-Pierre pour sa prière hebdomadaire. Et quelques mois plus tard, Léon XIV foule la terre du Cameroun. Comme si les planètes s'étaient alignées pour ourdir cette rencontre, comme si tout cela était naturel dans cette « terre des papes », ce « continent », le Cameroun, qui accueille le souverain pontife pour la 4e fois !

Difficile pourtant pour un étranger de comprendre l'exaltation où se trouvent plongées les populations de Yaoundé, Bamenda et Douala et du pays tout entier, à quelques heures de son arrivée. On trouve, mêlées à l'impatience de la rencontre, la ferveur populaire, l'espérance en des lendemains meilleurs, le recueillement profond. L'enthousiasme tranquille des amours matures, en somme.

Et voilà qui peut apparaître, à tort, comme un paradoxe, dans un pays de 30 millions d'habitants, à la diversité humaine, linguistique, religieuse et culturelle établie. Qu'est-ce qui explique donc l'attachement des Camerounais aux successeurs de Saint-Pierre, quels qu'ils soient ? D'abord, l'ancrage viscéral de nos compatriotes à la foi en Dieu, une quête d'absolu, une soif d'éternité innée et partagée. La croyance en un Dieu unique et transcendant est unanime ici, au-delà des obédiences religieuses et des cultes. Sans pour autant être déterministes ni fatalistes, les Camerounais croient.

La figure du pape elle-même, chef d'État, chef de l'Église catholique, mais aussi leader spirituel et autorité morale de notre temps, qui se place systématiquement au-dessus de la mêlée et aux côtés des plus faibles dans notre monde à l'équilibre branlant, est un aimant suffisamment attractif pour créer cette aura autour de la figure papale. Le pape pour nous, c'est la tendresse de Dieu, la bienveillance du père, le justicier des faibles et des pauvres, l'espoir d'un avenir meilleur, ou d'un avenir tout court. Parce qu'il est le vicaire de Dieu, et que Dieu, c'est la Vie ! À cette « marque de naissance » du peuple camerounais s'ajoute un élément clé : la dévotion divine et sans complexe de son leader, le président Paul Biya.

Élevé dans la foi chrétienne et les principes rigoureux d'un père catéchiste, puis éduqué au séminaire, le premier Camerounais semble avoir trouvé dans la foi les ressources spirituelles nécessaires à l'accomplissement de sa lourde mission d'État. Sa grande proximité avec les différents locataires du Vatican et les figures emblématiques de l'Église de Rome vaut également au Cameroun ce regard attentionné des papes sur les évolutions du pays dans tous les domaines. C'est pourquoi Paul Biya attend son hôte avec la même ferveur que ses compatriotes. Ne déclarait-il pas à l'un de ses prédécesseurs : « Votre seule présence est porteuse d'espoir et de confiance en l'avenir ». C'est dire !

En cette quatrième visite papale, nul doute que le Saint-Père communiera avec le peuple de Dieu, scrutera la ferveur de la foi, les avancées et les reculades et sans doute aussi, tout simplement,...

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