Cette « épidémie » de liqueurs en sachet…
- Par Jeanine FANKAM
- 18 May 2026 11:08
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En mars 2025, il y a à peine un an, un concours d’un autre genre, devait primer le meilleur consommateur du whisky en sachet du quartier 10 à Nkongsamba, chef-lieu du département du Moungo dans le Littoral. Des gaillards s’affrontaient pour remporter la somme de… 5000F. Au bout de la course, le gagnant décède d’overdose peu après sa victoire. Le dauphin, lui, a la vie sauve de justesse, après plusieurs jours de coma. Une situation ahurissante, vécue si souvent dans nos villes et villages, tant le whisky en sachet fait des ravages. Lucas, un tenancier d’échoppe à Yaoundé affirme écouler entre quatre et cinq cartons de whisky par jour. Cet aveu, apparemment anodin, témoigne de ce que la mort « s’achète » à vil prix dans nos villes et villages. Il n’en faut pas plus pour sonner l’alerte face à un danger imminent. La situation est critique et appelle à une prise de conscience rapide. On perd son latin en écoutant un « accro » affirmer sans ambages qu’il consommer au moins 20 sachets de whisky par jour. La consommation journalière d’Adamou, dépeceur de ruminants au marché Mvog-Ada est exactement le seuil qu’avait franchi le finaliste du funeste concours du quartier 10 à Nkongsamba ! Les plumeurs, les marchands, les conducteurs de motos, les brouettiers, les camionneurs sont les plus grands consommateurs. A eux s’ajoutent les élèves qui ont mille et une stratégies pour tromper la vigilance de leurs encadreurs à l’école et à la maison. Le niveau de consommation de ces liqueurs souvent frelatées, appelle à une prise de conscience collective. Certains trouvent en ce « poison », un moyen d’évasion pour fuir le stress et se donner une illusion de renouveler les forces. Et pourtant, des études montrent qu’une consommation précoce ou excessive détruit les neurones et augmente le risque de dépendance à l’âge adulte. Le whisky en sachet ne se retrouve encore sur les étals qu’à la faveur d’une tolérance administrative qui date de 10 ans, justifiée au départ par « la nécessité de permettre aux producteurs de se conformer ». Elle s’est transformée en un feuilleton à rebondissements, éloignant régulièrement la date fatidique de la prohibition totale. Officiellement interdits de production et de commercialisation depuis un arrêté conjoint Minsanté-Mincommerce et Minmidt du 12 septembre 2014, ces alcools très bon marché (100 F l’unité) présente une toxicité qui n’est plus à démontrer. Il a été reconnu que le taux d’alcool contenu dans un seul sachet est équivalent à celui cumulé de plus d’un casier de bière ! Un sachet de 50 ml de whisky a environ 40° à 45°d’alcool contre 6° pour une bouteille de bière de 330 ml. Mais les moratoires n’en finissent pas. Les dernières échéances repoussant la limite de la tolérance administrative à fin 2022 ont été prorogées jusqu’en fin 2026. Les consommateurs semblent heureux d’avoir accès à une liqueur à presque un sou. En tout cas, la marchandise connaît « une hausse de cotation » et inonde les commerces. Villageois et citadins, instruits et analphabètes, retraités ou non s’en délectent à toute heure, en tout lieu et en toutes circonstances. Outre le prix, l’autre raison de ce succès est tantôt qu’« il booste l’énergie », tantôt qu’ « il réveille le corps ». Au sens figuré et au sens propre ! En « réveilla...
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