Après le drame…:Des enquêtes et des suites judiciaires

Au terme de l’investigation prescrite par le chef de l’Etat et d’autres menées par des experts indépendants, la Camrail, indexée comme principal responsable, a répondu devant la justice.

« Face à cette catastrophe sans précédent dans notre pays, j’ai ordonné au Gouvernement de prendre un certain nombre d’actions, un certain nombre de mesures. En particulier, j’ai prescrit une enquête, une enquête ap­ profondie pour établir les causes profondes de ces accidents ou de ce drame. » Cette dé­ claration du président de la République, Paul Biya, au soir du 21 octobre 2016 a rapidement été suivie d’effets. Quatre jours plus tard, le chef de l’Etat signe le décret N°2016/424 du 25 octobre 2016 portant création d’une Com­ mission d’enquête sur l'accident ferroviaire survenu le 21 octobre 2016 à Eséka. La Com­ mission, avec à sa tête Philemon Yang, alors Premier ministre, chef du gouvernement, avait pour missions de déterminer les causes de cet accident et de proposer des dispositions pour limiter les risques de survenance d’une telle catastrophe à l’avenir, d’établir les res­ ponsabilités de l’accident et d’évaluer la ges­ tion de cette catastrophe, de l’assistance aux victimes et de faire toute proposition perti­ nente y afférente. Le 23 mai 2017, les conclusions des investi­ gations de cette Commission ont été rendues publiques, à travers un communiqué signé du ministre, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Après la sollicitation d’experts internationaux com­ pétents en matière d’accidents ferroviaires, et au terme de l’examen de rapports et docu­ ments, de nombreuses auditions et descentes sur le terrain, la Commission d’enquête « a établi la responsabilité, à titre principal, du transporteur, la Société Camrail, dans le dé­ raillement du Train Intercity n°152. » Le com­ muniqué du SGPR se poursuit ainsi : « Le rapport d’enquête a conclu que la cause prin­ cipale du renversement des voitures dudit train est une vitesse excessive (96 km/h) dans une portion de voie où la vitesse est fortement limitée (40 km/h) et qui comprend en outre une forte déclivité et plusieurs courbes serrées. » Les causes établies par le rapport de la Commission rejoignent celles de plusieurs cabinets d’experts ferroviaires indépendants ayant eux aussi procédé à des investigations. Par exemple, Benoît Essiga, expert ferroviaire en traction, ma...

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