Accès au crédit bancaire : la voie s’ouvre
- Par Rita DIBA
- 05 Feb 2026 10:14
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Le tout nouveau Bureau d’information sur le crédit est mis en place pour transformer la manière dont les prêts sont accordés en Afrique centrale.
Le 20 janvier 2026 à Douala, l’histoire financière de l’Afrique centrale s’est enrichie avec le lancement officiel de Creditinfo Central Africa (CICA). Ce premier Bureau d’information sur le crédit (BIC) agréé de la région ambitionne de transformer l’accès au financement. En effet, initié en 2014 suite aux recommandations de la conférence de Libreville de 2013, le projet BIC voit le jour dans un contexte économique particulier. Son rôle est fondamental : réduire l’asymétrie d’information entre les prêteurs et les demandeurs de capitaux. En collectant des données sur la solvabilité des emprunteurs auprès des banques, microfinances et même des fournisseurs de services (eau, électricité, télécoms), le BIC permet une évaluation des risques plus pointue et plus sûre. Pour le gouverneur de la Banque des états de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, cet outil est une réponse directe à un mal profond : Dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), le portefeuille des créances en souffrance s'élève à près de 2 500 milliards de F, soit un ratio de 16 %, bien loin de la norme internationale de 5 %. Pour le Cameroun spécifiquement, les données partagées par l'Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM) tournent autour de 14 % en 2025. Au-delà du pays, l'ambition pour l’Afrique centrale est claire : S'inspirer de l'expérience de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) où l'usage du BIC a permis de ramener le taux de créances en souffrance de 11 % à environ 3 %.
L’entrée en activité de CICA intervient alors que le tissu productif régional, et particulièrement camerounais, se remet d'un choc sévère. Selon le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), la crise post-électorale de fin 2025 a entraîné une contraction du chiffre d'affaires des entreprises de 33,5 %, asséchant la liquidité et rendant 40 % des entreprises incapables d’honorer leurs échéances bancaires. Dans ce climat d’incertitude, le BIC apparaît comme un levier de résilience pour sécuriser le système financier et restaurer la confiance des prêteurs. Le succès de cette réforme repose sur un cadre réglementaire strict supervisé par la BEAC, en collaboration avec la Société financière internationale (SFI). Ce cadre inclut plusieurs paramètres : Le partage obligatoire selon lequel les établissements de crédit et de microfinance ont l’obligation réglementaire de partager leurs d...
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