« Nos enseignements s’adaptent aux évolutions géopolitiques »

Général de brigade Nka Valère, commandant de l’ESIG.

21 ans après sa création, l’Ecole supérieure internationale de guerre (ESIG) est devenue une référence internationale. S’il fallait en faire une brève présentation, que répondriez-vous ? L'Ecole supérieure internationale de guerre de Yaoundé est le résultat d'une très haute vision stratégique du chef de l’Etat, chef des forces armées. Notre mission est de former des cadres de haut niveau des armées (armée de terre, armée de l'air, marine nationale) et de la gendarmerie, qui sont titulaires du Diplôme d'état-major et qui, à l'issue de la formation qui dure 11 mois, sortent avec le Brevet d’études militaires supérieures de second degré. Le premier degré étant le Diplôme d'état-major. Et pour ceux qui ont des prérequis académiques, c'est-à-dire ceux qui ont un Bac + 2 ou licence, ils sortent avec le master 2 en stratégie, défense, sécurité, gestion des conflits et des catastrophes, qui est délivré par le Centre de recherches des études politiques et stratégiques (CREPS) de l'Université de Yaoundé II-Soa. La 21e promotion qui est en formation en ce moment a ceci de particulier qu’elle compte huit femmes officiers dans l’effectif. C'est de l’inédit. Est-ce une nouvelle politique au sein de l’Ecole ? Oui. Vous savez, pour ce qui est des forces de défense camerounaises, le chef de l'État a mis en place une politique de recrutement des dames, du personnel féminin dans les forces de défense. C’était dans les années 1980. On a commencé à recruter aussi bien au niveau du soldat, qu’au niveau du sous-officier et d’officier. Donc, vous avez du personnel féminin du grade de colonel depuis une bonne dizaine d’années. S’agissant de l’ESIG, les premières promotions n’avaient que des officiers hommes. Mais, depuis 4-5 ans, il y a de plus en plus de femmes. Et pour l’actuelle promotion, la 21e, nous avons effectivement huit personnels féminins dont quatre Camerounaises et 4 venant des pays amis. Nous avons célébré les 20 ans de l’ESIG l'année passée, le 23 juillet, et nous avons eu l'honneur d'accueillir parmi des officiers féminins venant de la RDC, une dame général de division. Donc, de plus en plus, nous avons des personnels féminins. Et la promotion actuelle, ce sont 54 auditeurs venant de 23 pays. Avec cette politique de brassage, comment se traduit concrètement le concept de « Frères d’armes » dans le fonctionnement de l’Ecole ? L’ESIG intervient au niveau opératif, c'est-àdire au niveau des composantes terre - air - mer - gendarmerie. Donc, il y a déjà cette interopérabilité quand on se retrouve sur le terrain, entre les officiers venant de différentes armées. Par ailleurs, au niveau africain, comme nous formons des officiers venant de plusieurs pays, - je crois que c'est une moyenne de 25 pays chaque année - quand ils se retrouvent dans diverses opérations, notamment à la Force multinationale mixte de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) ou alors à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), ou même à l’Union africaine, à force de travailler ensemble, ils ont créé un réseau qui permet de maintenir l’esprit ESIG. Après 21 ans d’existence, que pourriezvous dire concernant la place de cette académie ne serait-ce qu’au niveau ...

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