Brésil : il était temps

Le week-end dernier, le président brési­ lien, Luiz Inacio Lula da Silva a signé une décision provisoire interdisant les paris sportifs. Une mesure que lui-même qua­ lifie de difficile, drastique et nécessaire ». Pour en mesurer le courage, il faut exa­ miner le contexte. Cela arrive à quelques jours de la présidentielle où rien n’est ac­ quis d’avance pour le président sortant, face à un adversaire coriace de l’extrême droite, Flavio Bolsonaro. Mais Lula da Silva considère les jeux de hasard comme un cancer : « Soit on enlève la tumeur, soit la tumeur nous tuera », pense-t-il. Le chef de l’Etat a préféré la vie, celle de la majorité de sa population, risquant une chute de sa cote politique à un moment crucial du jeu démocratique dans son pays. La menace pourrait venir des pa­ rieurs et de l’industrie des jeux d’argent. Faut-il le souligner, les sites de paris sportifs sont les plus grands sponsors des clubs de football au Brésil. Le pays étant lui-même une grande nation de football au niveau mondial. Mais les paris en ligne ont explosé depuis 2018. Des stars mondiales sont mises à contribution. Résultats : la jeunesse est captivée, les 18-34 ans sont immergés grâce à un marketing agressif sur les ré­ seaux sociaux. Même les mineurs se­ raient pris au piège avec environ 4% de parieurs via les applications mobiles. Les appels à l’aide des familles, chiffrés par centaines au quotidien indiquent à suf­ fisance la détresse de celles-ci. Ajouté au fait que ce fléau coûte à l’Etat six fois plus cher ce que lui rapportent les impôts prélevés sur les entreprises ...

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