Libertés publiques: Des associations à la dérive

Certaines organisations pourtant légales se détournent parfois de l’objet de leur création pour mener des activités contraires à la loi. Les autorités mettent en garde contre ces dérapages.

S ur le papier, tout était propre. L’Organisation pour la défense des droits de l’Homme (ODDH International) disposait de tout ce qu’il fallait comme autorisations pour exercer ses activités au Came­ roun. Au fil du temps par contre, les dirigeants et membres de cette as­ sociation se sont détournés des ob­ jectifs de cette structure, tel qu’ils les avaient présentés à l’autorité ad­ ministrative à sa création en 2009. La Gendarmerie nationale a interpellé ses responsables le 15 juillet dernier suite à un signalement du ministère des Relations extérieures. L’organi­ sation utilisait les symboles des Na­ tions unies et était parvenu à faire nommer ses représentants auprès de l’Union européenne et l’Union africaine. Elle s’était aussi constituée en force paramilitaire dotée de tout un arsenal et procédait à des arrestations illé­ gales. Dans le même registre, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, a décidé, le 16 juillet, de suspendre les activités de l’asso­ ciation appelée « Nations unies des droits de l’Homme / Police d’inter­ vention générale ». Pour ce cas, la dénomination, la charte visuelle, les acronymes, les tenues, les insignes, les grades et titres utilisés sont sem­ blables à ceux de certains partenaires internationaux et aux forces de dé­ fense et de sécurité. Dans un arrêté signé hier, le Minat demande aux or­ ganisations qui détiennent ce type d’effets de les remettre aux autorités adm...

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