Intoxications alimentaires: Menace dans nos assiettes

164 cas et 30 décès enregistrés en 2025 au Cameroun. Les autorités sanitaires pointent des causes multiples, des pesticides à la mauvaise conservation des produits de consommation.

L' émotion reste vive à Gouo­ gouo, un quartier de Foum­ bot, dans le département du Noun. Mercredi 9 septembre 2026, une famille se retrouve autour d'un plat de maïs et de haricot, le tradi­ tionnel « kontchap ». Quelques heures après le repas, les premiers malaises apparaissent. 18 personnes sont éva­ cuées en urgence vers l'hôpital de dis­ trict de Foumbot. Le bilan est lourd : une mère de famille de 47 ans, arrivée déjà décédée, et quatre de ses enfants, âgés de 2 à 11 ans, qui succombent malgré les efforts du personnel soi­ gnant. Ce drame n'est pas un cas isolé. Le 7 dé­ cembre 2025 à Mbeth II, dans l'arron­ dissement de Diang, département du Lom-et-Djérém, cinq enfants sont morts après avoir consommé du couscous ac­ compagné de Mbôl. 13 autres per­ sonnes avaient été hospitalisées. Quelques mois plus tôt, en janvier 2025 à Paki, un village de l'arrondissement de Doumé, dans le Haut-Nyong, trois per­ sonnes succombent en quelques mi­ nutes après avoir ingéré un couscous ra­ mené des champs. Les échantillons prélevés avaient été confiés aux enquê­ teurs sur instruction du procureur de la République près les tribunaux d'Abong- Mbang. Au-delà de ces cas médiatisés, le Bulle­ tin épidémiologique de 2025, émis par le ministère de la Santé publique, révèle l'ampleur du phénomène : 164 cas no­ tifiés et 30 décès. Autrement dit, près d'une personne intoxiquée sur cinq ne survit pas. Quatre districts sanitaires concentrent à eux seuls 85,4% des cas. New-...

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