Forêts : notre maison commune
- Par Brice Mbeze
- 03 avril 2025 11:54
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Selon le ministère des Forêts et de la Faune, le Cameroun comptait environ 22 millions d'hectares de forêts en 2018, soit près de 46% de la superficie totale du pays. Il occupe le cinquième rang en Afrique du point de vue de la diversité biologique. Ces chiffres soulignent l’importance de ces grands ensembles d’arbres couvrant de vastes étendues de terrain, communément appelés forêts. A l’exception des régions du Nord et de l’Extrême-Nord, les autres huit régions du pays sont recouvertes de forêts à des degrés divers. Une bonne partie des départements du Faro et du Mayo-Rey, dans le Nord, dispose même d’un couvert végétal conséquent. Le maillage du territoire par les forêts est important. Celles-ci occupent ainsi une place primordiale dans la vie des communautés. Le 21 mars de chaque année, à l’initiative des Nations unies, le monde entier marque un arrêt pour célébrer la forêt par une journée internationale qui lui est spécialement consacrée. Elle a été instituée en 2012. Cette journée est donc de création récente. Pour l’édition 2025, elle avait pour thème : « Les forêts et les aliments ». Selon les officiels, ce thème a été retenu pour mieux souligner le rôle vital des forêts pour la sécurité alimentaire, la nutrition, la pharmacopée traditionnelle, l’habitat des hommes et les moyens de subsistance durables.
La forêt contribue directement à la qualité de l'alimentation, notamment en milieu rural. Elle constitue l'habitat de la faune sauvage, terrestre ou aquatique et donne des aliments pour le bétail, des substances médicinales et du bois d’œuvre et de chauffage pour transformer ou cuire les denrées alimentaires. La forêt est notre mamelle nourricière. Elle est indispensable à l’épanouissement de l’homme. C’est grâce à elle que nous écrivons ces lignes sur ce support. Le papier journal que vous tenez entre vos mains, et par ricochet le livre, est fait à partir du bois transformé. Le bois est par ailleurs l’un des intrants les plus importants qui entre dans la fabrication des billets de banque. Le matériel sportif, notamment les ballons de football, basket-ball, volley-ball, etc., les pneus des véhicules, les tenues traditionnelles, entre autres, sont redevables aux hévéas de nos forêts qui secrètent le latex nécessaire à leur fabrication.
Sur le plan institutionnel, le président de la République a mis en évidence l’importance des forêts en décidant de la création le 08 décembre 2004 d’un ministère spécialement dédié, département ministériel né sur les cendres du ministère de l’Environnement et des Forêts. Dans la foulée, l’Agence nationale d’appui au développement forestier (Anafor), l’un des bras séculiersdu Minfof, a aussi vu le jour. Des institutions de formation à l’instar de l’Ecole des Eaux et Forêts de Mbalmayo, l’Ecole de faune de Garoua et, plus récemment, des instituts et grandes écoles domiciliés dans les universités d’Etat enrichissent la panoplie d’instruments qui œuvrent à la protection et à la valorisation des forêts. Sans compter les nombreuses associations qui militent pour leur promotion. La forêt est le terrain de prédilection de grandes opérations de lobbying. Son écosystème d’acteurs, c’est tout…un monde ! Sur le plan international, le Cameroun qui possède le deuxième massif forestier d’Afrique après la République démocratique du Congo, est reconnu comme étant un bon élève pour sa politique de conservation et de gestion durable des forêts. Il est l’une des têtes de file du Bassin du Congo, deuxième massif forestier de la planète après l’Amazonie en Amérique du Sud. Un arsenal réglementaire et législatif, parfois perçu comme contraignant par les populations riveraines, les communautés et la société civile, a été produit par les autorités nationales pour encadrer l’exploitation des forêts camerounaises. Dans la seule région du Sud, plus de 256 espèces végétales y sont répertoriées. Nos forêts, c’est la poule aux œufs d’or.
Leur pérennité est donc un vif sujet de préoccupation. Outre les aliments, les ressources forestières ligneuses et non ligneuses et tous les produits qu’elle procure, la forêt joue aussi un rôle crucial dans la régulation climatique. Elle constitue le principal puits de carbone. A l’heure où les changements climatiques bousculent l’équilibre de la planète, la protection des forêts est un impératif catégorique. Les forêts, c’est le poumon de l’humanité. Dans la partie septentrionale du pays, menacée p...
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