Administration : des édifices dignes des institutions publiques

S i la puissance d'un État devait se mesurer à l'architecture de ses édifices publics, le clas­ sement serait difficile à établir. Mais, il est certain que le Cameroun ne risque pas de se re­ trouver au bas de l’échelle. Surtout avec le virage amorcé ces dernières années en matière de construction de bâtiments abritant les adminis­ trations publiques. Le plus récent à être mis en service, le nouveau complexe judiciaire à Yaoundé, apparaît comme l’un de ses fleurons. A côté de l’immeuble-siège de la Caisse autonome d’Amor­ tissement (CAA) qui trône sur le Boulevard du 20 mai et ne fait pas que joli. L’immeuble Platinum de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), non loin de là, ajoute un cachet particulier à ce site mythique où plusieurs édifices futuristes sont en chantier. A quelques pas, l’immeuble- siège de la Direction générale des impôts inauguré en novembre 2020 surplombe la rue Foch et en impose toujours. A quelques encablures des lieux, le siège de l’Institut national de la Statistique (INS) ravit les regards. Tout comme les nouveaux locaux de l’Assemblée nationale sur le Plateau Atemengue. Et comment ignorer les ambitieuses bâtisses qui sortent de terre au nouveau quartier administratif sis à Mballa II ? Immeuble siège du Conseil économique et social, ministère des Travaux publics, Centre national de production des passe­ ports, Centre national de production des titres identitaires… La volonté des institutions publiques de changer de paradigme et de redorer leur image, au travers notamment de la qualité des bâtiments qui les abritent, est affichée et incontestable. « Nous façonnons nos bâtiments, puis ce sont eux qui nous façonnent », aimait à déclarer l'ancien Premier ministre britannique Winston Churchill. L’on comprend donc aisément que le choix d’arrimer des édifices publics à la modernité ne participe pas seulement des goûts architectu­ raux. En effet, ces infrastructures sont souvent des symboles de la vision d'un pays. Des cher­ cheurs, particulièrement des politologues, consi­ dèrent que l’architecture des bâtiments institu­ tionnels peut traduire les valeurs politiques, la culture et les priorités d’un Etat. Elle marque aussi le prestige et la souveraineté de ce dernier. En termes d’image de l’Etat, un bâtiment moderne, de haut standing, beau et solide montre la force et le sérieux du gouvernement ou de l’institution publique qu’il abrite. Il permet de renforcer l’autorité de l’administration. Les bâtisseurs des nations partout dans le monde ont conscience de la puis­ sance que revêt l'architecture de leurs édifices publics. Le Cameroun n’échappe pas à cette logique. Regardant vers l'avenir, les architectes de l’Etat ne cessent de proposer de grands projets de réaménagement visant à rompre avec l’héritage de l’époque coloniale. Et même la vague d’édifices fonctionnels, banals, au caractère disparate, ren­ voyant pour la plupart à la triviale réalité des constructions à usage de bureaux. Ces nouvelles bâtisses, au-delà de moderniser durablement le paysage urbain et institutionnel, permettent d’offrir de bonnes conditions de travail aux agents de l’Etat et de faciliter l’accueil des citoyens. L’on imagine bien, s’agissant du nouveau complexe judiciaire de Yaoundé, qu’avec quatre salles d’audience disponibles au Tribunal de grande instance contre une par le passé, le traitement des dossiers sera amélioré. Avec quatre salles d’audience, les lenteurs judiciaires dans le jugemen...

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