Prise en charge des seniors: Du bonheur d’être aimé

À l’heure où l’on parle de solitude des aînés, ces octogénaires qui vieillissent bien entourés ouvrent leurs portes à l’occasion de la Journée mondiale commémorée hier.

A 80 ans passés, Sara Njock vit peut-être ses plus beaux jours. Ceux où l’on ne court plus après la vie. Dans sa petite maison toujours ouverte sise au quartier Nsam, à Yaoundé, le temps a un autre rythme. Il est fait de pas connus, de voix qui appellent « Mbombo », de marmites qui mijotent et de rires d’enfants. Ma­ man Sara se déplace à peine par elle- même, en raison du poids de la vieil­ lesse, mais elle n’a jamais été autant entourée. Tous les matins, à l’aube, une femme s'étire à Nsimeyong. C’est Berthe Njock, sa sixième fille sur 10. Elle enfile ses baskets. Pas pour aller à la salle de sport. Son sport, c’est le trajet jusqu’à chez sa mère. En courant, elle traverse le quartier, arrive en sueur, reprend son souffle, file en cuisine et prépare le repas du jour de sa mère. Tous les jours. Sans exception. Sans fatigue. « C’est ma mère. Je le fais avec plaisir », dit-elle. Une phrase simple qui dit tout. Cette chaîne d’amour s’est resserrée encore plus fort le jour où Maman Sara a perdu deux de ses enfants. Un drame qui aurait pu l’éteindre. Il l’a au contraire illuminée. Depuis, les huit restants, dispersés entre Yaoundé, Douala et les États-Unis, ont scellé un pacte : que leur mère ne manque de rien. Plus jamais. Ici, il n’y a pas de conseil de famille ni de réunion. C’est une organisation huilée par le cœur. L’un gère le repas du mois, l’autre le salaire de la ménagère, un autre les médicaments et les or­ donnances. Tout arrive avant m&...

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