« L’eau occupe une place centrale dans ma démarche »
- Par Alexandra TCHUILEU N.
- 30 Oct 2026 14:50
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Marie Francine Dongmo, artiste plasticienne.
Quel message souhaitez-vous passer à travers l’exposition « Mémoire matricielle » ? Je cherche à ouvrir un espace de ré flexion sur ce qui nous constitue profondément. Avec « Mémoire ma tricielle : archives invisibles du vi vant», j’explore l’eau et la matrice comme des lieux de dépôt et de transformation, des espaces où quelque chose se conserve, circule et se transmet d’un être à l’autre, d’une génération à l’autre, sans né cessairement avoir été écrit. Les eaux dont nous sommes tous faits me renvoient à cette idée d’archives invisibles du vivant : des traces, des expériences et des héritages qui nous traversent et participent à ce que nous sommes. Le terme « ma triciel » renvoie à la matrice comme espace d’origine, de transformation et de devenir. Mais, ma recherche ne se limite ni à la maternité, ni au corps féminin. Elle interroge plus largement ce qui engendre, relie et maintient le vivant dans une conti nuité. J’ai grandi auprès d’un cercle de femmes, celui de ma mère et de ma grand-mère, où les gestes, les récits, les chants et les expériences se transmettaient souvent sans dis cours formel. Cette mémoire vécue nourrit aujourd’hui mon travail. À travers cette exposition, je cherche à rendre perceptible ce qui ne se voit pas immédiatement, mais qui structure profondément nos exis tences. L’eau est très présente dans cette œuvre. Pourquoi ? L’eau occupe une place centrale dans ma démarche, à la fois comme matière de création et comme champ de réflexion. J’utilise une technique que j’appelle l’aquapeint. Je dépose des couleurs à l’huile à la surface de l’eau, dans une cuvette. Les pigments flottent, se déplacent et dessinent des formes qui évoluent constam ment. À un moment donné, lorsqu’une configuration retient mon attention, je viens en recueillir l’em preinte sur du papier. Ce qui m’inté resse particulièrement, c’est que je ne maîtrise pas entièrement l’image qui apparaît. L’eau produit des mou vements, des rencontres et des formes que je n’aurais pas néces sairement pu concevoir à l’avance. Mon rôle consiste ensuite à observer, à sélectionner et à interpréter ces empreintes. Je les assemble alors sur la toile par un travail de collage. Il y a donc une rencontre entre le hasard, l&rs...
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