Aimons nos villes au quotidien !

Les trois villes récemment visitées au Cameroun par le pape Léon XIV gardent de belles traces de son passage. A Yaoundé, à Bamenda comme à Douala, les travaux d’embellissement ont permis d’accélérer plusieurs chantiers urbains pour accueillir l’illustre hôte. Des opérations de désengorgement ont libéré les voies publiques, les réparations des lampadaires ont renforcé l’éclairage, le nettoyage des abords des routes et le curage des caniveaux ont littéralement transformé les visages de ces métropoles sur les itinéraires respectifs empruntés par le Saint Père. La rapidité et l’engouement dans l’exécution de ces travaux ont révélé qu’il est possible de garder nos cités dans un standard de salubrité acceptable grâce à une synergie participative qui mobilise tout le monde. Ouvriers et techniciens, de jour comme de nuit se sont déployés. L’attente enthousiaste du souverain pontife a stimulé l’envie de présenter le meilleur visage de chacune des villes. Une belle impulsion qui ne devrait pas disparaître. Car, rien n’empêche la pérennité de telles opérations pour peu qu’on aime sa ville, son quartier, son environnement. Dans cette perspective, l’histoire rappelle de belles initiatives, même si au bout du compte, certaines sont mortes de leur belle mort. Qui se souvient de l’ONG « Le club des volontaires de Mvog- Ada » ? Dans les années 90, un certain Jérôme Kamdem, homme d’affaires, avait rassemblé autour de lui quelques centaines de jeunes pour faire de son quartier, une identité remarquable en termes d’hygiène et d’assainissement. Mvog- Ada à Yaoundé, avait pourtant la réputation d’une zone de nondroit, tristement célèbre pour ses trafics en tous genres. Mais par amour pour son lieu de vie, le promoteur du Club des volontaires s’était levé pour faire parler de Mvog-Ada en bien. Il avait réussi à mobiliser un petit monde autour d’un idéal : la salubrité. L’opérateur économique, lui-même prêchait par l’exemple. A la tête de son équipe, bottes aux pieds, pelle ou un râteau à la main, le vieillard sautait le premier dans un caniveau pour le curer s’il ne se trouvait pas devant une immondice, faisant à la perfection, le travail d’un éboueur professionnel. Comme son nom l’indique, les membres du Club étaient des volontaires. Dans leurs profils divers, des forces, des énergies, des moyens, des expertises se fusionnaient pour redorer l’image de Mvog-Ada à travers la pré-collecte des ordures ménagères, la viabilisation des rues, l’éducation des populations aux bonnes pratiques d’hygiène, de nettoyage des espaces publics, etc. Aimer son quartier au quotidien est possible. D’ailleurs l’exemple avait fait tache d’huile. Des gestes simples mais chargés de symbole et de patriotisme se sont multipliés. cette action demande juste d’être convaincu des valeurs ainsi prônées. A cela, il faut consentir un sacrifice de temps sans exigence pécuniaire particulière et hop, de milliers de mains se joignent pour abattre un travail de titan profitable à la communauté. En faut-il davantage pour sortir le nettoyage et l’entretien de nos cités des actions ponctuelles et garantir un cadre de vie sain à tous et à chacun ? Des gestes simples, observés chaque jour contribuent grandement à cet idéal. Assurer la propreté dans son espace privé ou professionnel, respecter les installations publiques, jeter les ordures dans les bacs dédiés sont loin d’être de la mer à boire. Hélas, les voleurs de câbles électriques sur les voies publiques ne se cachent plus. D’aucuns profitent de la pluie pour libérer les fosses septiques dans le torrent. Ceux qui vident leurs poubelles à même la chaussée ne se gênent pas. Des informations crédibles renseignent que Yaoundé, par exemple, génère plus de 3 000 tonnes de déchets difficilement collectés chaque jour. Aimer sa ville au quotidien, c’est aussi encourager des projets de traitement de ces détritus pour les transformer en électricité ou en fumier. Dieu seul sait combien de ces initiatives dorment dans les tiroirs des autorités. Pourtant la gestion des déchets et l’insalubrité sont des défis urgents qui ne sauraient reposer uniquement sur l’Etat. Si chacun, citoyens, services techniques et autorités en charge de la question faisait sa petite part, ce serait de grands pas vers le but. Mais que voit-on : des immondices qui s’accumulent, les drains bouchés, laissant libre cours aux inondations ou aux flaques d’eau usée, milieu naturel d’insectes vecteurs de maladies. Des actions co...

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