Dérives: Quand les deux-roues dérapent

Les acteurs du secteur se serrent les coudes, pensant être seuls contre tous. Une attitude à l’origine de nombreuses bévues.

«C es gars sont extrêmement dangereux ! Un jour, on me donnera raison de les tenir à dis­ tance ». Pour David Maboang, ingénieur, chef d’entreprise et père de famille, aucune expres­ sion n’est assez forte pour dési­ gner la menace que représentent les motos-taxis. Son opinion s’est forgée il y a plus d’une décennie et rien, ni personne ne pourra la changer. « En 2012, j’étais en partance pour l’étranger, dans le cadre d’un voyage d’affaires et je devais prendre mon vol à Douala. A quelques encablures de l’aéroport, un bendskin qui roulait à vive allure a entrepris de me dépasser. Je précise qu’il pleuvait un peu et donc la chaus­ sée était glissante. Ayant perdu le contrôle de sa moto, il a accro­ ché mon véhicule et l’a sérieu­ sement amoché à l’avant. Je n’ai même pas eu de temps de com­ prendre ce qui se passait, je me suis retrouvé cerné de toutes parts de moto taximen décidés à en découdre », explique David Maboang. L’entrepreneur alors âgé de 40 ans est extirpé de son véhicule et molesté sans au­ tre forme de procès. Son véhicule sera vandalisé et ses bagages pillés. « Ils m’ont traité pire qu’un bandit. Ils ont volé mon argent, mon passeport, ma Carte d’iden­ tité, mes vêtements : tout. Je n’ai eu la vie sauve que grâce à l’arrivée d’une patrouille de police. Mes assaillants s’apprêtaient déjà à incendier ma Mercedes Kom­ pressor », témoigne la victime, encore remué par cette mauvaise rencontre. En sang, il sera trans­ porté à l’hôpital par les policiers et son voyage annulé. Malheureusement, un cas comme celui de sieur Maboang n’est pas isolé. Les altercations entre bendskins et autres usagers de la route, les automobilistes en particulier, se terminent souvent très mal. Ce qui a contribué à as­ socier leur nom à la terreur dans la circulation. « Non seulement ils roulent dangereusement, ils klaxonnent à tout bout de champ comme si nous autres devons porter nos voitures sur la tête et leur laisser les routes », relève Jérémie Nyemb, cadre d’adminis­ tration à Yaoundé. Invectives, in­ sultes, menaces verbales ou à l’arme blanche, coups sur la car­ rosserie, expéditions punitives… Les humeurs des motos-taxis ...

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