« Notre recette, c’est la participation »

Serge Ebolo Zengue, 2e adjoint au maire d’Ayos.

Monsieur le maire, Ayos est désor­ mais connue comme la ville la plus propre du Cameroun. Quels senti­ ments une telle réputation vous procure-t-elle ? C'est un sentiment de fierté, une ex­ trême joie. Vous savez que pour avoir longtemps trimé, l'année d'avant nous étions premier régional et cinquième national. Et l'année d'après nous nous sommes hissée au podium national. La joie est énorme parce que nous avons beaucoup labouré et nous esti­ mons que la récolte est proportionnelle au labeur. Donc c'est un sentiment de grande joie et un sentiment de grati­ tude à l'endroit des principaux acteurs de ce sacre. En vous engageant dans la promo­ tion de la salubrité et de l'assai­ nissement dans votre cité, l'objectif visé était-il le prix national de la ville la plus propre du pays ? Je vais vous surprendre un peu ma­ dame, notre objectif n'était pas de ga­ gner ce concours à tout prix. Notre objectif principal est porté sur la feuille de route qui est la nôtre, celle inscrite dans le mandat de M. Paul Ndongo Biko’o, qui est le chef de cet exécutif, à savoir : l'amélioration du cadre de vie des populations, la transformation infrastructurelle et générale de cette cité d’Ayos. Et vous constatez donc qu'avec un tel objectif, le concours pour nous devient une étape. L'objectif est contraignant. C'est vrai que pour gagner ce concours on a dû beaucoup batailler, parce que l'administration qui organise le concours, le ministère du Développement urbain de l'Habitat, a émis des critères particulièrement contraignants. Pour lever ces critères l'un après l'autre, il nous a fallu conju­ guer plusieurs forces, plusieurs efforts. Donc l'objectif à terme c'est la promo­ tion d'une ville inclusive, une ville où il fait bon vivre, où les populations sont à l'abri des contingences basiques : boire de l'eau potable, vivre dans un cadre sain, avoir accès aux poubelles et aux décharges. C'est cela l'objectif terminal. Donc le concours est une étape salutaire, parce qu'il nous assure beaucoup de promotion, il nous assure aussi un label nouveau. Mais en fin de compte, nous cherchons à atteindre la ville inclusive prescrite par le chef de l'Etat. L'insalubrité constitue un casse- tête dans de nombreuses com­ munes. Et vous avez réussi là où plusieurs édiles se cassent la figure. Quel a été l’élément déclencheur de votre recette ? La recette d'Ayos, c'est la participation. Nous avons su fusionner tous les ac­ teurs. Lorsque nous arrivons à la tête de cette commune en 2021, nous constatons que le problème d'hygiène et de salubrité est général. C'était un problème qui menaçait de faire échouer tous les plans que nous voulions mettre sur pied. Alors, on s'est dit, il faut prendre le taureau par les cornes, et nous avons commencé par le plus dur : l'information, la formation. Nous avons parcouru l'ensemble des villages de la commune, et nous avons terminé par les quartiers du périmètre urbain, pour informer, sensibiliser, former les po­ pulations, maison après maison, sur la nécessité d'avoir des latrines propres, un cadre de vie propre, de dormir sous la moustiquaire, etc. Donc cette sen­ sibilisation a fort heureusement reçu l'adhésion populaire et cela a créé une dynamique. C'est cette dynamique qui porte le succès d'aujourd'hui. C'est cette dynamique qui porte le label d'Ayos, à savoir la propreté. La propreté est donc devenue un leitmotiv pour nous, ici à la commune d'Ayos. Que ce soit les mamans qui vendent au mar­ ché, ceux qui habitent dans les quar­ tiers ou dans les villages, nous avons pu inculquer l’instinct de propreté à tous. Chacun se lève le matin, balaie devant sa cour ou son comptoir. Ici à la commune, nous balayons nos bu­ reaux avant de descendre sur le terrain. Après la phase d'information et de formation, nous avons créé des comités locaux d'hygiène et de salubrité. Alors, quelles sont les mesures concrètes qui sont prises à l'en­ contre des quelques récalcitrants qui refuseraient de s'aligner ? Je vais vous surprendre Madame. Nous avions, en amont, un échantillon de mesures, de pénalités, mais que nous avons rapidement abandonné. Je dois avouer en toute honnêteté que nous n'avons jamais fait recours aux sanc­ tions. L’adhésion populaire a été telle que tout le monde s'est aligné. Donc, nous n'avons jamais recouru aux sanc­ tions. Bien au contraire, nous avons multiplié les félicitations. Nous avons commencé par le quartier le plus propre, nous avons ensuite enchaîné par le village le plus pr...

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