« Nous travaillons à mettre de l’ordre »

Jean-Claude Yiepmou Kapwa, président du Syndicat patronal des boulangers du Cameroun.

Monsieur le président, au moment où se cé­ lèbre la Journée mondiale du pain, quel état des lieux faites-vous de cette filière au Ca­ meroun ? De manière générale, la filière pain est maîtrisée, malgré la concurrence déloyale que nous livrent les boulangeries clandestines. Ces dernières ou­ vrent leurs portes de manière anarchique, sans respect des normes. L’état de la filière pourrait se voir amélioré si l’ensemble des administrations impliquées effectuent leurs missions, sur l’en­ semble des lignes, sans s’acharner sur les bou­ langeries visibles. La norme camerounaise sur le pain est en vigueur depuis plus d’une décennie, mais force est de constater que pratiquement chaque boulanger le fabrique à sa manière. Qu’est-ce qui est prévu au niveau du syndicat pour assainir les pratiques ? En effet, la norme camerounaise sur le pain existe depuis 2003 et a été révisée en 2009. Etant donné que cette norme n’est pas statique, nous comptons travailler avec l’Agence des normes et de la qualité (ANOR) afin de l’adapter aux exigences et contextes actuels. Mais déjà, il faut reconnaître que les boulangers syndiqués respectent la rè­ glementation en vigueur. De plus en plus de baguettes pèsent moins de 200 g comme le veut la règlementation en vigueur. Qu’est-ce qui fait problème en matière de respect du poids et des normes en général ? La norme camerounaise permet une tolérance de 8% sur le poids du pain. Les boulangers utilisent de la farine de blé importée dont les prix sont fixés sur le marché international. Avec la crise russo-ukrainienne, les coûts de cette matière pre­ mière ont flambé et le prix de la baguette est passé de 135 F à 150 F. Puis, en 2023, il y a eu une baisse des prix de 15 F à l’issue d’une concer­ tation entre le ministè...

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