Rémunération des cacaoculteurs : Trouver le bon mécanisme

L’ embellie reprend progressivement dans la com­ mercialisation du cacao au Cameroun. Selon les cotations publiées le 7 juillet dernier, le kilogramme de fèves se négociait entre 2500 et 2600 F d’après les pointages du Système d’information des filières (SIF), dispositif national d’alerte sur les prix. Bien que suscitant l’espoir, cette remontée n’augure aucune certitude sur l’avenir très fluctuant du marché. Entre février et mars derniers, les prix oscillaient entre 1 000 et 1 200F. Dans plusieurs bassins de production, le kilogramme de la fève s’était effondré jusqu’à 800F, rappelant la période sombre de la campagne 2019-2020. Evidemment, la rémunération du cacaoculteur est di­ rectement liée à ce marché. Cette inconstance entretient l’incertitude sur la rétribution du cultivateur qui, un jour broie du noir et un autre jour, est propulsé au sommet de la gloire. Dans ce contexte, il est impossible pour le producteur de construire son avenir en faisant des pré­ visions sûres. Du coup, la pré­ sente hausse apporte peut- être un soulagement après la traversée du désert, mais elle ne garantit rien de défi­ nitif. Les prix du cacao produit au Cameroun et en Afrique sont dictés depuis les bourses de Londres et de New York, sur la base de critères que les producteurs africains (qui pèsent 70% de l’offre mondiale) ne comprennent pas. Parfois ces prix découlent de la loi de l’offre et la demande. Pour contrecarrer les tensions sur l’offre, les industries ont commencé à prendre des mesures d’adap­ tation en trouvant des substituts au cacao dans les re­ cettes. Tout cela a contribué à fragiliser le producteur. Pourtant, il a besoin de stabilité pour se projeter. Ce que certains experts en la matière, et notamment au sein de l’administration camerounaise appellent « pré­ visibilité du marché ». La culture du cacao doit être une activité économique durable qui impose de savoir ce qu’on va dépenser et de prévoir ce qu’on va gagner pour définir des objectifs à long terme. Au niveau du Cameroun, comment parvenir à cette « prévisibilité » dans un contexte de volatilité ? L’enjeu est là. A l’initiative du gouvernement, les charges dévolues aux producteurs ont été réduites. C’est le cas de la re­ devance à l’exportation du cacao passée de 225F à 125F par kilogramme. La taxe de sortie du cacao ins­ taurée par la loi de finances est réduite de moitié, partie de 200 à 100 F/kg. Mais, il en faut davantage pour garantir une vie décente aux cacaoculteurs natio­ naux. Il faut une stratégie à fort impact. C’est dans cette perspective qu’est expérimentée l’im­ plémentation de « la politique du circuit court du cacao» qui expulse de la chaîne de vente, les intermédiaires comme les coxeurs et qui rapproche les producteurs lo­ caux des chocolatiers de renommée mondiale. Le but est de favoriser le contact direct en vue d’un deal du style B to B. L’expérience est déjà porteuse.. Le gouvernement, par l’entremise du ministère du Com­ merce avait facilité des contacts entre des producteurs camerounais et des partenaires étrangers. Ce qui avait permis une promotion du cacao camerounais à l’échelle internationale. La campagne en question avait retenti au niveau mondial et attiré des chocola...

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