Production laitière au Cameroun: Comment combler le déficit

Si le gouvernement est sur tous les fronts pour régler définitivement cette question, des obstacles subsistent pour une offre à la hauteur de la demande sans cesse grandissante.

Le 6 mai 2026, lorsque le ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), Dr Taïga lançait la campagne de vaccination contre la fièvre aphteuse qui peut être fatale pour le bétail, il avait un message à porter aux éleveurs. Laissez les boeufs se faire vacciner, il en va du bien de la filière laitière. « Il ne s’agit pas d’une vaccination de masse pour tous les animaux, non. Il s’agit d’accompagner ceux qui sont dans la filière laitière. C’est pour ça que dans le cadre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah), 85.000 doses de vaccin ont été importées. C’est un vaccin très spécifique. Donc tous ceux qui sont impliqués dans la filière laitière verront vacciner leurs troupeaux », disait-il à la centaine d’éleveurs qui avaient fait le déplacement pour le lieu de la cérémonie. Quelques heures avant, il avait, accompagné du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire et du ministre en charge de la Jeunesse, conduit la cérémonie de présentation des matériels et équipements acquis par la Caisse de développement de l'élevage pour le Nord (Cden), pour les acteurs de la filière laitière toujours dans le cadre du Piisah. Il expliquait que c’est du matériel essentiellement destiné à la mécanisation de la filière laitière notamment des glacières, des accumulateurs de froid, du matériel de vaccination et les vaccins, des trayeuses, des yaourtières etc. « L'an dernier nous avons signé une convention avec le Minepia pour la mise en oeuvre du Piisah. On a un cahier de charge de 400 millions de F qu’on nous a donné pour accompagner les éleveurs dans la question du matériel de production et de transport du lait. Puisqu’il est question du lait, nous avons pu acquérir environ 693 bidons de lait et dix yaourtières, 22 ensileuses et 42 trayeuses pour améliorer la qualité du lait et puis la production laitière aussi. Nous allons mettre avec les producteurs environ une centaine d’hectares de champs fourragers. Il y a des bottes de foin que nous produisons et mettons à la disposition des fermes laitières. Nous sommes en train d’acquérir un ensemble de semences animales », expliquait à cette occasion Hamidou Saidou, Directeur de la Cden. Ce ne sont donc pas les initiatives qui manquent pour combler le déficit qui existe dans la filière lait. En effet jusqu’ici le Cameroun continue de produire moins que ce qu’il faut. Le pays qui produit aujourd’hui entre 170.000 et 180.000 tonnes de lait par an, soit la moitié de la demande, a donc besoin de mettre les bouchées doubles pour combler le déficit. La journée mondiale du lait qui se commémore lundi 1er juin prochain est probablement une occasion pour marquer un temps d’arrêt et voir ce qui peut davantage être fait. Le Projet de développement de l’élevage qui est l’une des dernières initiatives pensées par le gouvernement en partenariat avec ses partenaires techniques et financiers a permis de faire quelques avancées, avec notamment l’acquisition de plus de 400 génisses montbéliardes capables de produire plus de 25 litres de lait par vache et par jour et la signature de près de 80 plans d’affaires qui ...

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