C’est un compte à rebours qui se déroule, silencieusement, lentement mais sûrement, depuis qu’en 2020, le Came roun a adopté comme boussole pour son développement politique, économique, social et culturel, cette désormais célèbre Stratégie nationale de développement, évoquée dans tous les discours depuis lors, comme une piqûre de rappel permanente. Une décennie de programme ambitieux qui doit rapprocher le pays de son objectif majeur : atteindre le statut de pays émergent à l’horizon 2035. Avec comme piliers : la transformation structurelle de l’économie nationale, le développement du capital humain et du bien-être, l’emploi et l’insertion économique, la gouvernance. Et comme le temps sait être discret tout en nous tenant à la gorge, voilà que la septième année du programme tire à sa fin. Pour dire simplement qu’il nous reste trois ans. Juste trois, avant de faire le bilan. Avant de dire si oui ou non, nous sommes plus près d’être un pays émergent. Et l’on souhaite que cette course contre la montre soit un peu comme le temps d’un match de football, notre sport roi, où rien n’est gagné ou perdu tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti. Nous pouvons à ce sujet nous inspirer utilement du fameux fighting-spirit des Lions indomptables pour faire de ces trois dernières années, celles d’un sprint gagnant vers la récompense recherchée, vers l’atteinte de l’objectif de départ. Les dernières années de la Stratégie nationale de déve loppement appellent de toute façon à un sursaut de l’en semble des acteurs impliqués, c’est-à-dire tout ce que le Ca meroun compte de forces vives. Car, ce qu’on peut déjà voir au bout de sept ans est plutôt mitigé. Prenons le premier pilier : la transformation structurelle de l’économie. La SND30 a notamment fait le choix de changer de vision en matière de développement économique, en passant du système presque entièrement extraverti pratiqué jusque-là, avec un engloutissement démesuré de devises au détriment de l’Etat, à un système plus souverain. La transformation locale des ressources na turelles a été portée à la dimension d’une véritable religion : le Made in Cameroon. Pour traduire dans les faits cette vision du président de la République, Paul Biya, invitant ses compatriotes à travailler pour consommer ce qu’ils produisent, produire ce qu’ils consomment. La finalité est de réduire à leur plus simple expression les importations de produits de consommation courante et développer une industrie locale capable de remplacer valablement ces produits importés à coups de centaines de milliards de devises. Sur ce plan, on peut dire qu’une certaine prise de conscience de l’enjeu est palpable. Les pouvoirs publics ont énormément consenti en termes d’incitations aux investissements, d’accompagnement des initiatives, de structuration du secteur des Petites et moyennes en treprises… Et l’on peut constater un réel engouement des promoteurs dans la transformation locale. Mais le fait est que les importations pèsent toujours très lourd sur la balance commerciale. Il importe donc de transformer cette belle dynamique en fondation solide d’une indus trialisation à la mesure des ambitions du pays. D’autant plus que l’impact des projets miniers reste attendu. Cela passe aussi par un relèvement du niveau global des infrastructures du pays (routes, énergie, télécom munications…) Pour ce qui est du développement du capital humain, le bilan à mi-parcours réalisé en 2025 par le Comité national de suivi-évaluation de la mise en œuvre de la SND30 l’Economie, relevait des progrès notoires en ma tière d’éducation, de santé et de protection sociale. Mais des cailloux persistent dans la chaussure. Le taux de scolarisation reste perfectible en raison de déperditions persistantes au niveau du Secondaire (59% de taux d’achèvement des études en 2025). De même, des ma ladies comme le paludisme demeurent des casse-têtes et des freins importants. Tout comme l’insuffisance de ressources humaines dans les secteurs concernés. Le parachèvement de la mise en place de la Couverture santé universelle est vivement attendu pour faciliter l’accès du plus grand nombre aux soins. Autre point essentiel : l’emploi et l...
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