Industrie pharmaceutique : une opportunité avec la production locale
- Par Jean Francis
- 04 Sep 2026 06:58
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L a gestion de la pandémie à coronavirus entre 2020 et 2022 a donné à voir un aperçu de ce que peut produire la pharmacopée traditionnelle camerounaise. Si des réponses issues de la médecine moderne ont été apportées pour faire face à cette pandémie, il faut néanmoins reconnaître que des Camerounais, comme de nombreux Africains sur le continent, ont dû recourir aux plantes et autres écorces de notre forêt pour trouver des remèdes à la terrible maladie qui a fait de nombreuses victimes dans certains pays dits développés. De nombreux observateurs s’accordent même à reconnaître que le nombre limité de pertes en vies humaines dues à cette pandémie sur le continent est la conséquence de l’utilisation de ces produits locaux. Mais une fois le Covid-19 passé, qu’est-il advenu de tous ces produits utilisés, et pour lesquels l’on a parfois vu les pouvoirs publics se mobiliser auprès de leurs promoteurs ? Là est le problème. Il en est ainsi des médicaments ayant servi dans la lutte contre le Co vid-19, comme de tous ces éléments utilisés au quoti dien pour soigner d’autres maladies. La faute à une industrie pharmaceutique embryonnaire ou qui n’existe pratiquement pas. Car il faut le dire, les médicaments traditionnels utilisés, tant dans la lutte contre le Covid-19 ou d’autres maladies au quotidien n’ont généralement pas subi d’analyses appropriées. Difficile donc de savoir quel est le niveau d’efficacité et même de toxicité pour les organismes. Dans ce cas, difficile également de parier sur le respect des exigences de qualité, de sécurité, d’efficacité et même de compétitivité. Parce qu’ici, et comme le veulent les usages dans notre pays, il est impératif pour ceux qui s’engagent dans ce domaine de faire passer leurs produits à l’essai dans les laboratoires de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM). Et même au niveau du Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’ex pertise (LANACOME). Lors des travaux de la 76e session du Comité ré gional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique tenus à Addis-Abeba en Ethiopie, le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a souligné la volonté des pouvoirs publics came rounais de mettre sur pied une industrie pharma ceutique locale. Selon les statistiques présentées pour la circonstance, le pays compte seulement 19 unités de production depuis 2020. Une production pharmaceutique locale qui n’arrive à satisfaire, pour l’instant que 5% des besoins de consommation. Ce qui est encore très loin du compte. Mais il faut relever que la mise en place d’une in dustrie pharmaceutique locale fait encore face à de nombreuses difficultés. En tête de celles-ci, l’éternel problème du financement. Combien sont- elles les banques et autres structures de finance ment qui s’engagent dans ce domaine de l’industrie pharmaceutique ? Il y a ensuite la question de la matière première, même s’il est reconnu que notre environnement recèle de multiples plantes et autres écorces nécessaires aux travaux dans ce domaine. Autre problème et non des moindres, les difficultés énergétiques qui ne facilitent pas toujours le fonc tionnement des unités industrielles qui ne peuvent pas bénéficier d’une autonomie. Lorsque l’on ajoute la concurrence des produits importés, l&r...
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