Immatriculation numérique des taxis: Vivement la sécurité

Depuis le 3 juillet dernier, la Communauté urbaine de Yaoundé, a lancé une vaste opération d’identification numérique obligatoire, avec l’ambition de rendre les véhicules jaunes plus sûrs.

A Yaoundé, le taxi jaune reste le principal mode de transport pour toutes les populations. Mais le sec­ teur est gangréné par l’informel, les clandestins avec de faux numéros de portière, les chauffeurs sans pa­ piers et les véhicules sans assurance ni visite technique. Résultats, les usagers et même les taximen sont confrontés à des agressions, des escroqueries, ou encore des acci­ dents non couverts. Les plaintes des usagers se multiplient. L’arrêté signé le 25 juin 2026 par le maire de la ville et instituant un enregis­ trement numérique des propriétaires et conducteurs de taxis circulant dans la ville de Yaoundé marque donc une volonté de rupture avec ce désordre. L’identification en cours s’appuie sur une plateforme centrale, « Taxi-Yaoundé.com », développée avec l’appui technique de la Coopé­ ration allemande (GIZ), dans le cadre du Projet de mobilité urbaine de Yaoundé. Les motivations sont triples selon la municipalité. Elles sont d’abord sécuritaires. Chaque propriétaire et chaque chauffeur doit désormais s’enregistrer avec un dossier complet : carte d’identité, carte grise, licence de transport, assurance de qua­ trième catégorie A, permis B, certi­ ficat de capacité modèle T et badge professionnel. Une fois le dossier validé, le chauffeur reçoit un QR Code personnel et le véhicule un nouveau numéro de portière unique, infalsifiable. L’objectif est la traça­ bilité totale : permettre aux forces de l’ordre d’identifier en quelques secondes un taxi et son conducteur lors d’un contrôle ou après une in­ fraction. Ensuite, il y a la motivation de gou­ vernance. Il s’agit de formaliser un secteur où beaucoup roulent sans payer l’impôt synthétique, et de nettoyer les doublons d’identifica­ tion. Enfin, la modernisation : la ville veut passer à une gestion par la donnée. Il est question de maî­ triser l’ensemble des acteurs impli­ qués et le matériel roulant utilisé pour cette activité au sein de la ville de Yaoundé. Sur le terrain, l’adhésion est pro­ gressive, voire timide, mais réelle. L’enregistrement est gratuit, en ligne ou à l’Hôtel de Ville et dans les mairies d’arrondissement. Aux guichets, on voit de longues files dès 6h du matin. « Au début, on a eu peur que ce soit une taxe de plus, mais on nous explique que c’est pour nous protéger aussi », confie un chauffeur à Mvog-Mbi. Du côté des usagers, l’opération rassure. « Au moins on pourra flasher le QR Code pour savoir qui nous transporte », se réjouit une étudiante à Ngoa- Ekellé. Certains syndicats restent méfiants sur la confidentialité des données, mais la Communauté...

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