« Le FSNC s’est rendu coupable de faits graves »
- Par Lucien BODO
- 29 Oct 2026 06:26
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Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale.
Monsieur le ministre, vous avez signé mardi dernier un arrêté qui suspend le Front pour le Sa lut national du Cameroun (FSNC) de toute activité pour trois mois. Qu’est-ce qui a motivé votre dé cision un an après les violences post-électorales lors de la der nière élection présidentielle ? Le Front pour le Salut national du Ca meroun est un parti qui a violé de ma nière grave les lois de la République. Tous les partis politiques qui fonc tionnent au Cameroun travaillent se lon les dispositions de la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990. Par conséquent, ils doivent respecter les mécanismes prévus par ce texte qui encadre leurs activités. Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l'article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Admi nistration territoriale (Minat) peut d'office suspendre par décision mo tivée pour une durée de trois mois tout parti politique responsable de troubles graves à l'ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5, 6, 9, 10 et 11 de la loi de 1990. Nous avons donc pris la peine d'énumérer ces sanctions qui sont bien motivées : appel à l'insurrection, atteinte à l'intégrité territoriale, inci tation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l'ordre pu blic. Et il y a un point dont on ne parle pas beaucoup, c’est la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l'étranger. Donc, non seulement ce parti s'est rendu coupable de ces faits graves, mais aussi, vous avez un candidat qui s'est autoproclamé vainqueur. Il a même eu l'audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu'il y avait des en quêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu'au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réu nis, le Minat prend les décisions ap propriées à l’encontre des contreve nants. C’est donc le sens de l’arrêté que j’ai signé contre le FSNC. Pour moi, il s’agit d’une sanction légère, puisqu’on peut encore aller jusqu'à la dissolution. Mais nous avons com mencé par une sanction graduelle. Des élections législatives et mu nicipales pourraient se tenir en début d’année prochaine. Et cer tains estiment que l’acte que vous avez pris viserait à mettre hors de course un parti dont le leader a été classé 2e à la der nière présidentielle. Que répon dez-vous à cela ? Que les choses soient claires : lorsqu’on est en infraction, on doit être puni. Donc, je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évi demment. Le corps électoral n'est pas encore convoqué. Il le sera au mo ment voulu par le chef de l'État qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautif, je n’ai pas be soin d'attendre les élections. Pour moi, c’est un faux débat. Il y a eu des actes graves perpétrés par un parti politique qui s'est soustrait à la lo gique républicaine. Quand vous allez à une élection présidentielle, vous savez que c'est le Conseil constitu tionnel qui doit proclamer les résul tats. Vous ne pouvez donc pas, à la fin du processus, vous autoproclamer vainqueur et appeler vos partisans à l'insurrection. J’en profite pour dire qu’il faut que les uns et les autres sachent que les par tis politiques récalcitrants feront tou jours face à la rigueur de la loi et nous allons toujours agir sans la moindre complaisance. Il faudrait que le mes sage soit clair. C'est le ministre de l'Administration du territoire qui as sure la tutelle des partis politiques et je suis là pour faire respecter les lois de la République. Nous prenons les décisions qui sont nécessaires et parce qu'il faut clairement faire com prendre que ce qui s'est passé à la dernière élection présidentielle ne peut plus se répéter. Le chef de l'État, lors de son discours de fin d’année 2025, a demandé à tous les acteurs politiques d'être responsables dans leurs actes. Donc, qu'il y ait élection ou pas, il était temps de sa...
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