Insalubrité : un combat commun

Depuis quelques jours, la question de l’insalubrité à Yaoundé, la capitale camerounaise, est de nouveau sur le devant de la scène. La sortie, la semaine dernière, du ministre de, l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, dans le cadre d’une concertation avec les autorités administratives de la ville sur le sujet, a été un coup de pied dans la fourmilière. Il n’était pas attendu a priori dans un domaine hors de sa compétence mais il faut croire que cette question d’intérêt public concerne tous et chacun. « Le but de cette réunion, pour éviter tout amalgame, c'est de mettre les autorités administratives au centre de cette préoccupation de salubrité publique, afin de rendre nos villes propres. Le débat de qui aurait dû faire quoi, qui n'a pas fait quoi n'a plus de sens », a précisé le Minat au cours de la rencontre. Dans la foulée, il a remis du matériel pour la collecte des ordures aux sept communes de Yaoundé. A sa suite, Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), a remis des balayeuses mécaniques à deux mairies de la capitale. Une initiative qui s’étendra sous peu à d’autres villes. Ces actions interviennent après le déblocage, sur décision du président de la République, de moyens spéciaux en faveur des sept communes d'arrondissement de Yaoundé. Moyens constitués de ressources financières et d'engins de génie civil déjà remis aux destinataires pour leur permettre de contribuer au défi de donner un visage un peu plus acceptable à la capitale.
Car la cote d’alerte a été atteinte. Cela fait des années que Yaoundé étouffe sous ses ordures.  Et ce, malgré les plaintes répétées des habitants par le biais des réseaux sociaux notamment et les nombreux reportages réalisés par des médias étrangers. Déchets ménagers, bouteilles en plastique, eaux usées et autres détritus font désormais partie du décor. Mouches, cafards, rats, moustiques sont pour leur part devenus des compagnons au quotidien. Aucun quartier n’est épargné par le spectacle de ces tas d’immondices qui s’accumulent à tous les coins, obstruant même parfois la circulation. Et Yaoundé n’est certainement pas une exception dans le pays. Les Camerounais se sont donc accommodés de cette vie au milieu des immondices et des effluves nauséabonds devenues presque familières. Comment s’étonner devant la recrudescence de maladies comme le choléra, la typhoïde, le paludisme dans un environnement aussi pollué ? Le système de gestion des ordures est clairement défaillant avec le sous-financement des activités de collecte, le non-paiement des factures des sociétés en charge de cette collecte à l’instar d’Hysacam, l’inadaptation de l’offre d’enlèvement des ordures face au volume produit, etc. A cela, il faut également ajouter l’incivisme chronique et généralisé des populations. 
On ne peut donc que saluer ce déploiement qui devenait urgent et vital pour le bien-être des populations. Tout en espérant qu’il s’agit là d’une véritable volonté de faire faire bouger les lignes et non pas d’un coup de semonce sporadique et circonstanciel. La tâche est dantesque et nécessite une réelle synergie d’actions de toutes les parties prenantes pour assurer la collecte des ordures ménagères, mais aussi leur élimination ou leur recyclage. Un pan trop souvent négligé. En tout cas, les actions isolées ne viendront certainement pas à bout d&r...

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