« Il s’agit d’instaurer une gouvernance orientée vers la performance »
- Par Aïcha NSANGOU N.
- 03 Feb 2026 12:37
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Abdou Mahama, expert en finances publiques et en management public.
Le ministre des Finances vient de signer une circulaire relative à l’amélioration de la gouvernance des entreprises publiques et au renforcement de leur autonomie financière au Cameroun. Comment comprendre cette circulaire à ce moment ?
Cette circulaire doit être comprise comme une réponse stratégique à un double impératif : d’une part, améliorer durablement la performance économique des entreprises publiques, et d’autre part, renforcer la crédibilité financière de l’État camerounais dans un contexte de contraintes budgétaires accrues. Elle s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2017 sur la gouvernance des établissements et entreprises publics, ainsi que dans l’application des lois relatives à la transparence et à la bonne gouvernance des finances publiques. Le moment choisi n’est donc pas fortuit. Il correspond à une phase où l’État attend des entreprises publiques qu’elles cessent d’être perçues comme des centres de coûts ou de risques budgétaires, pour devenir de véritables leviers de performance économique et de mobilisation des ressources. La circulaire marque ainsi un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement d’assurer une tutelle administrative, mais d’instaurer une gouvernance orientée vers la performance, la transparence et la responsabilité des dirigeants.
Un ensemble d’obligations est formulé, dont celle de publier les états financiers audités et d’adopter une politique d’audit externe. Comment ces obligations peuvent-elles réellement impacter le rendement des entreprises publiques ?
Ces obligations ont un impact direct et indirect sur le rendement des entreprises publiques. Directement, la publication régulière des états financiers audités impose une discipline de gestion. Elle oblige les dirigeants à améliorer la qualité de l’information financière, à maîtriser les charges, à justifier les décisions de gestion et à anticiper les risques. La transparence devient ainsi un outil de pilotage interne, et non une simple exigence formelle. Indirectement, l’audit externe structuré et indépendant permet d’identifier les dysfonctionnements récurrents, les faiblesses du contrôle interne et les sources de pertes financières. Les recommandations issues des audits, lorsqu’elles sont effectivement mises en œuvre et suivies par les comités d’audit, contribuent à une meilleure allocation des ressources et à l’amélioration progressive de la performance. Enfin, ces obligations renforcent la confiance des partenaires financiers, facilitent l’accès aux financements et améliorent la crédibilité des entreprises publiques sur les marchés, ce qui constitue un facteur déterminant de leur autonomie financière.
Les mauvaises performances de ces entreprises sont aussi dues à certaines réalités systémiques, notamment l’endettement structurel, la mauvaise gouvernance et la vétusté de l’outil de production. Ne faut-il pas commencer par-là ?
Ces réalités systémiques sont réelles et ne peuvent être ignorées. Toutefois, la circulaire adopte une approche pragmatique : elle s’attaque d’abord à ce qui conditionne la capacité même de l’État et des entreprises à traiter ces problèmes de fond, à savoir la gouvernance. Il est difficile de résorber durablement l’endettement, de moderniser l’outil de production ou d’attirer des investissements sans une gouvernance crédible, transparente et perf...
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