Production de l’or et du diamant: Le pari de la traçabilité
- Par Aïcha NSANGOU N.
- 29 Jan 2026 11:11
- Likes
Alors que l’année 2025 s’est achevée sur fond de polémique dans le secteur, le gouvernement envisage plusieurs actions en 2026 pour renforcer la transparence.
La traçabilité ne semble pas être la chose la mieux partagée dans le secteur des métaux précieux. La publication du rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives (Itie) 2023 en décembre dernier a davantage renforcé le doute. C’est qu’il y avait un écart entre la déclaration d’exportation de 22,3 kg d’or présentée par la Direction générale des douanes et les statistiques internationales qui parlaient de 15,2 tonnes exportées seulement pour les Emirats Arabes Unis. Les analyses étaient allées dans tous les sens, poussant la tutelle du secteur, en occurrence le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), à repréciser les rôles des uns et des autres et surtout, àdonner les raisons de cet écart dans les chiffres. Ainsi si cette administration assure les missions de définition et de gestion de la politique minière, la Société nationale des Mines (Sonamines) assure la gestion et le contrôle de la production de l’or en même temps qu’elle a l’exclusivité de la commercialisation de l’or produit. « L’or produit au Cameroun provient essentiellement de l’artisanat minier et de l’artisanat semi-mécanisé qui se mènent comme dans d’autres pays africains sans étude de faisabilité préalable pouvant permettre à l’Etat d’anticiper sur la production attendue. En conséquence, la Sonamines prélève l’impôt synthétique minier libératoire en nature et des droits de sortie pour le compte l’Etat sur la base des déclarations qui généralement ne sont pas sincères et complètes. En sa qualité de comptoir unique et exclusif d’achat et de commercialisation de l’or, la Sonamines ne dispose pas de moyens financiers et technologiques pour le rachat de la quotepart détenue par les opérateurs et le suivi de la production », expliquait le communiqué de presse du Minmidt. La porosité des frontières terrestres et l’utilisation de l’origine Cameroun sont autant de raisons évoquées pour « justifier » le manque de traçabilité dans le circuit de commercialisation de l’or. Un tableau qui n’est pas pour rassurer. L’autre acteur dans ce secteur et non des moindres est le Secrétariat national permanent du processus de Kimberley (SNPPK) dont les missions sont, entre autres, la traçabilité de la production nationale des diamants bruts et de l’or et l’amélioration de la gouvernance minière et l’image de marque du Cameroun à travers le respect des engagements pris à l’international. Il y a également l’Itie, un mécanisme international volontaire dans lequel le Cameroun est engagé depuis 2015 et dont l’objectif est la promotion de la bonne gouvernance des ressources naturelles à travers la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus issus des industries extractives. Dans son dernier rapport, il était justement constaté que près d’une tonne de production formelle issue de l’artisanat, ainsi qu’environ 30 kg de production industrielle, ne sont pas tracés dans les données douanières. La saisie de 30,5 kg d’or à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen en novembre 2023 illustre l’ampleur des circuits parallèles. Comme imp...
Cet article complet est réservé aux abonnés
Déjà abonné ? Identifiez-vous >
Accédez en illimité à Cameroon Tribune Digital à partir de 26250 FCFA
Je M'abonne1 minute suffit pour vous abonner à Cameroon Tribune Digital !
- Votre numéro spécial cameroon-tribune en version numérique
- Des encarts
- Des appels d'offres exclusives
- D'avant-première (accès 24h avant la publication)
- Des éditions consultables sur tous supports (smartphone, tablettes, PC)



Commentaires