Salubrité: Ayos, au sens propre

La commune, dans ses zones rurale et urbaine, affiche un visage complètement transformé. Ce qui lui a permis de remporter l’édition 2026 du Concours national villes propres.

L a césure est saisissante. Après des kilomètres entre forêt vierge et brousse, le voyageur débouche soudain, au sortir d’un virage, sur un tableau bluffant de clarté. Et aussi de sérénité presque irréelle. Bienvenue dans la commune d’Ayos, où la propreté est désormais la référence. Dans ce démembrement du département du Nyong-et-Mfou­ mou, région du Centre, l’hygiène et la salubrité ne sont pas de vains mots. Mais un véritable art de vivre au quotidien. Dès l’entrée du premier village de la commune, le contraste est flagrant avec la nature sauvage environnante. La propreté méticuleuse des lieux confine à la perfection visuelle. Aussi loin que se porte le regard. De part et d’autre de la Route nationale n°10, qui traverse la commune sur 20 Km, les emprises sont nettoyées de deux à cinq mètres, selon les endroits. L’entretien de la voirie et des espaces publics relève d’une discipline quasi millimétrée, visible de Mbang, porte d’entrée située à l’Ouest à environ 10 km d'Ayos, jusqu’au pont sur le Nyong, à la sortie, limite naturelle d’avec Atok, département du Haut- Nyong. Sur certains sites, les mau­ vaises herbes ont été simplement coupées à ras. Sur d’autres, le relief le permettant, elles ont été complè­ tement déracinées, laissant le sol nu. Et partout, le long de la route bi­ tumée, des arbres ont été plantés. Devant certaines écoles et conces­ sions familiales donnant sur la voie de communication, les pelouses ton­ dues sont semblables à des tapis de velours vert. Des haies d’arbustes manifestement taillées au cordeau délimitent des propriétés particulières avec une géométrie parfaite. Quelques résidents, ne laissant rien au hasard, ont opté pour des barrières de fortune en bois badigeonnées de chaux éclatante. Pas de linge ou de vieux matelas mis à sécher os­ tentatoirement à l’avant des cours comme on le voit régulièrement ail­ leurs. En traversant la rivière Mfou­ mou pour rentrer dans la ville, le re­ gard du visiteur accroche imman­ quablement les eaux dont l’écoule­ ment et la clarté ne sont troublés par aucune bouteille en plastique ou tout autre détritus. La végétation qui colonise le marécage aux alen­ tours a été ramenée à une proportion raisonnable, permettant de suivre le courant sinueux. « L’eau est tel­ lement limpide qu’on voit le fond de la rivière. C’est vraiment inimaginable qu’il soit actuellement possible d’avoir un cours d’eau sans bouteilles en plastique qui surnagent », relève un visiteur. Ce qui frappe ensuite, c’est l’effort d’homogénéité dans le bâti. Des édi­ fices vieillots datant de l'époque de la tutelle française côtoient des constructions modernes. Tous ajou­ tent au charme du coin, ...

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie