La voie publique n’est pas un marché
- Par Georges Emmanuel TSAYID
- 16 Sep 2026 10:31
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L a scène est devenue banale, voire normale. Une rue, une avenue qui se confond aux couloirs d’un marché, parce que « avalée » par les commerçants de tous bords. Marchands de vivres, d’articles vestimen taires, de produits halieutiques etc., se côtoient au cen timètre près sur l’asphalte transformée en marché. Que ce soit dans les marchés de Mokolo, Ekounou, Mfoundi, Acacia, Mvog-Mbi, etc. à Yaoundé ou dans les marchés Mboppi, Central, Nkololoun, Akwa, Ndogpassi, Dakar etc., à Douala, le spectacle est quasiment le même. Les com merçants envahissent les routes au fur et mesure que celles-ci sont construites. Du désordre urbain à l’état brut ! Même les piétons éprouvent alors des difficultés à se frayer un passage dans ce dédale de marchandises et leurs propriétaires. Quant aux automobilistes, s’y aventurer est souvent risqué. Le lynchage verbal est toujours à portée de bouche. Des insanités fusent alors de partout. Certains vont jusqu’à donner des coups sur la carrosserie du véhicule. Sur ces voies transformées en espace marchand, auto mobilistes et piétons ont perdu leurs droits de mobilité. Ici, c’est la marchandise qui a la priorité et la primauté. On cherche l’argent, on se « débrouille » pour nourrir sa petite famille. On pré fère « se battre » pour ne pas aller voler. Ce qui est tout à fait légitime. Mais, faut-il « se débrouiller » au mépris des normes urbaines ? Faut-il « se battre » en privant les autres citoyens de leur liberté de mobilité ? Est-ce vraiment nécessaire de chercher sa pitance jour nalière en défiant l’autorité de l’Etat qui, à travers ses institutions s’échine autant qu’il peut au quotidien, à remplir sa mission visant à garantir le bien-être de ses citoyens en leur offrant un cadre de vie attrayant ? Faut-il, au nom de la débrouillardise, transformer nos voies publiques en des zones de non-droit pour après aller, pour certains, invectiver les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre dans les médias, ar guant qu’elles ne font pas leur travail ? Que non ! Parce que l’envahissement de la voie publique par les com merçants pose de graves problèmes de mobilité urbaine, d’insécurité, de criminalité et d’insalubrité dans les villes camerounaises. La réduction de la chaussée par les étals entraîne iné luctablement la formation des bouchons. Les usagers de la route passent parfois des heures, pour parcourir moins d’un kilomètre. Une situation causant des dépenses importantes en termes de consommation de carburant. Dans ces circonstances, il n’est pas rare de voir un taxi se vider de ses clients à cause d’une panne sèche sur venue à quelques encablures d’une station-service. Une vraie misère. A cela s’ajoute le risque permanent d’acci dents de la circulation. Simplement parce que les piétons sont obligés d’aller eux aussi envahir le reste de la chaussée pour se mouvoir sans renverser les marchan dises. Il se pose aussi des problèmes d’insécurité et de criminalité dans ces zones aux allures de Capharnaüm. En effet, les encombrements créés par ces commerces informels servent souvent de cachettes pour des voleurs et les agresseurs. Notamment les vols à l'arraché. Il est quasiment impossible d’engager une chasse à l’homme dans ces milieux qui sont de véritables labyrinthes. Du point de vue de l’insalubrité, cette activité commerciale à ciel ouvert génère des déchets qui salissent les rues et bloquent les caniveaux. Les inondations constituent l’une des conséquences de ces comportements inciviques. Celles fréquemment observées à la Poste centrale de Yaoundé en sont une illustration. Tout comme à Douala où les populations de certains quartiers comme sable Bonamoussadi ou encore Akwa vivent quasiment les pieds dans l’eau lors des grosses précipitations. Cet état de désordre urbain qu’affichent les grandes métro poles camerounaises ternit leur image de villes ...
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