Université-entreprise-investisseurs : nécessaires passerelles
- Par Olivier LAMISSA KAIKAI
- 21 Oct 2026 08:30
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U ne semaine avant la rentrée académique, le 5 octobre dernier, et quelques semaines après la re prise des cours sur les campus, votre journal Ca meroon Tribune a consacré toute une série aux universités publiques et Instituts privés d’enseignement supérieur (IPES), résolument engagés sur la voie de la profession nalisation tous azimuts des enseignements. A travers les reportages et interviews des acteurs du monde universi taire, nos reporters vous ont édifié sur l’arrimage à la nouvelle donne, rapporté des success-stories, des prouesses réalisées çà et là. Les recteurs et responsables des IPES ont fait le point sur la professionnalisation et comment ils entendent maintenir le cap. Le ministre d’Etat, en charge de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a, quant à lui, expliqué que la professionnalisation des enseignements n’était plus une option. Elle est effective. Le concept « Un étudiant – un projet – une entreprise » n’est pas un slogan creux. Il fait ses classes sur les campus. L’esprit entrepreneurial fait des émules chez les étudiants. Globalement, la mayonnaise semble avoir pris, si l’on s’en tient à l’engouement des acteurs. L’on pourrait même dire que la professionnalisation des enseignements dans les universités camerounaises est une réussite. A la faveur de la loi d’orientation universitaire de 2023, la professionnalisation des enseignements au sein des universités publiques et privées est une réalité tangible. L’implé mentation de cette réforme est en bonne voie dans tous les cam pus, publics et privés. Mais, elle doit aller plus loin et intégrer d’autres acteurs. Pendant longtemps, l’université est restée cloisonnée, en formant des diplômés. Maintenant qu’elle ouvre ses portes aux professionnels, elle doit s’engager sur la voie d’une réforme plus audacieuse : construire des ponts avec des acteurs tels que l’entreprise et les investisseurs. La construction des passerelles entre les trois entités est une urgence. Elle exige que les trois mondes qui jadis ne se parlaient pas franchement se mettent ensemble, pour mutualiser leurs forces et regarder dans la même direction : former des jeunes compétents prêts à l’emploi. L’université qui jusque-là formait seule est appelée à changer. Elle doit davantage s’ouvrir au monde profes sionnel, à travers une action plus accrue de vice-recteurs chargés des relations avec le monde des entreprises. Il faut casser les codes pour aller plus loin. On sait que notre université produit chaque année des milliers de di plômés. Elle les formait sans rien demander à l’entreprise. Sans se préoccuper de ce dont l’entreprise a réellement besoin de manière pratique. Résultat des courses : nous formions des chômeurs diplômés. Un étudiant qui sort de l’université, par exemple, avec un Master en biologie, n’a jamais mis les pieds dans une agro-industrie. Un autre, diplômé en informatique, n’a jamais travaillé pour un vrai client… A partir de ce moment-là, l’université était une usine à certificats, à diplômes... Elle n’est pas encore la fabrique de compétences que la nouvelle vision entend prôner. Le pont à construire ici est simple. Il faut instaurer un stage obligatoire et payé pour les étudiants de toutes filières dès la deuxième année Licence. Ce stage pourrait être cofinancé par l’entreprise et l’Etat. Il ne s’agit pas d’un stage d’observation. Mais, d’un stage de production au sein de l’entreprise d’accueil. En deuxième lieu, les entreprises, habituées qu’elles étaient à évoluer en marge de l’université, devraient revoir leur approche. Les plaintes récurrentes de l’entreprise camerounaise sont connues : « On ne trouve pas la main d’œuvre qualifiée », « les diplômés sont déconnectés », « les cursus ne répondent pas aux besoins »… Pourtant, ce sont elles qui refusent d’investir dans la formation. Elles exigent des jeunes déjà formés, déjà expérimentés, déjà opérationnels… ce qui n’est pas possible. L’entreprise ne veut pas prendre de risque de former les jeunes d’au jourd’hui pour en faire les chefs d’équipe de demain. C’est à ce niveau qu’il faut changer de logiciel. La passerelle à construire est que l&...
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